La peine de mort touche des individus. Les souffrances psychologiques et physiques qu’elle engendre, et qui peuvent s’apparenter à de la torture ou à d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ont des répercussions sur de nombreuses vies : non seulement celles des personnes condamnées à mort elles-mêmes, mais aussi celles de leurs familles et de leurs proches, des familles des victimes (car la peine capitale peut infliger un préjudice supplémentaire et retraumatiser les victimes), ainsi que tous les acteurs du système de justice pénale et pénitentiaire. L’humanité de ces personnes est souvent occultée, voire invisibilisée, marginalisant ainsi leurs témoignages, alors que ce sont précisément leurs récits qui mettent en lumière la cruauté et le caractère discriminatoire de cette peine.
Tel est le message central des Journées mondiales 2026 et 2027 contre la peine de mort, « Témoigner pour la vie », observée par le mouvement abolitionniste le 10 octobre et soutenue par l’Action mondiale des parlementaires.
Le thème « Témoigner pour la vie » nous rappelle qu’il est essentiel de garder à l’esprit que l’application de la peine de mort, ou la menace persistante d’une exécution, affecte l’ensemble de notre société. Il ne peut y avoir de justice véritablement significative si elle ne repose pas sur le respect des droits humains et du principe de responsabilité. Tant que la peine de mort demeure inscrite dans la loi, le risque de condamnations erronées irréversibles et de violations des droits humains persistera. En tant que parlementaires, il est de notre devoir de veiller à ce que les réalités vécues par les personnes concernées par la peine de mort éclairent le débat public, et d’œuvrer par des voies législatives à l’abolition de cette peine cruelle, inhumaine et dégradante. Hon. Heatha Miller, députée (Jamaïque), membre de PGA
Humaniser les personnes touchées par la peine de mort
Dans un monde où les discours axés sur la sécurité exploitent le mythe de l’effet dissuasif, une minorité d’États continue de procéder à des exécutions pour instiller la peur et exercer un contrôle. Des données récentes indiquent une augmentation dramatique de 78% du nombre d’exécutions, et 2 707 cas recensés en 2025, selon Amnesty International. De nombreuses procédures liées à la peine de mort se déroulent souvent dans l’ombre, rendant difficile la compréhension de la dure réalité et des souffrances vécues par les personnes directement concernées par la peine capitale. Les gouvernements dissimulent fréquemment des informations, ce qui empêche de prendre en compte les facteurs structurels, sociaux et individuels ayant pu contribuer à ce qu’une personne entre en conflit avec la loi, ainsi que l’impact disproportionné sur les populations vulnérables. Dans un tel contexte, il est de notre responsabilité d’écouter les personnes directement touchées par la peine de mort, de mettre en lumière leurs expériences vécues et leurs témoignages.
Les témoignages des personnes directement concernées ont alimenté le plaidoyer des organisations de la société civile et ouvert la voie à des avancées. Au Pakistan, cet engagement nous a conduit·e·s, nous parlementaires, à engager mon pays sur la voie d’une réduction du champ d’application de la peine de mort, notamment en supprimant la peine capitale pour les infractions liées à la drogue en 2023. Cette réforme répond à une préoccupation persistante, car de nombreux États continuent d’imposer la peine de mort pour ces crimes au nom de la « guerre contre la drogue », malgré l’interdiction stricte de cette pratique en droit international. Il reste encore beaucoup à faire, notamment en sensibilisant le système judiciaire et en mettant en œuvre des réformes, mais je reste déterminé dans mon engagement à écouter et amplifier les voix des personnes directement touchées et à défendre les droits humains. Hon. Danyal Chaudhry, avocat et député (Pakistan), membre de PGA
Les parlementaires, des allié·e·s du mouvement abolitionniste
Les parlementaires font le lien entre leurs électeur·ice·s et la loi. En tant que représentant·e·s, ils et elles peuvent amplifier les récits et exposer les réalités vécues par les personnes directement touchées par la peine de mort, trop souvent absentes des débats politiques. En donnant une visibilité aux réalités vécues par les personnes condamnées à mort, les parlementaires peuvent faire évoluer les débats, passant d’arguments abstraits liés à la sécurité vers une justice réparatrice et le respect des droits humains.
Consciente des réalités en République démocratique du Congo, j’ai décidé de mener une enquête, en collaboration avec le réseau de parlementaires pour l’abolition de la peine de mort, afin de mettre en lumière les conditions de détention des personnes condamnées à mort dans les établissements pénitentiaires du pays. Réaliser une telle enquête et s'entretenir avec les personnes condamnées à mort permet de mettre en évidence les violations de leurs droits humains et de leur dignité – des violations qui vont à l’encontre des principes mêmes de la justice. La situation actuelle ne favorise pas la mise en œuvre du principe de responsabilité dans mon pays. Il est nécessaire d’améliorer le système pénitentiaire et l’abolition de la peine de mort s’inscrit dans ce processus. Hon. Christelle Vuanga, députée (République démocratique du Congo), membre du Comité exécutif de PGA et coordonnatrice du Programme droit international et droits humains
Pour s’engager aux côtés du mouvement abolitionniste, les parlementaires peuvent :
- Écouter les personnes directement touchées par la peine de mort et suivre les cas, tout en demandant plus de transparence dans les données relatives à la peine de mort ;
- Adopter des législations visant à abolir la peine de mort ou à en réduire le champ d’application et mettre en œuvre un moratoire sur les exécutions
- Participer au débat public, en soulignant les risques de condamnations erronées, l’absence avérée d’effet dissuasif et le caractère discriminatoire de la peine capitale
- Travailler en étroite collaboration avec la société civile, y compris les groupes de victimes, pour construire une voie vers l’abolition
- Collaborer avec des parlementaires de tous les partis et d’autres pays, afin d’identifier des stratégies et de tirer des leçons d’autres expériences
- Appeler les gouvernements à soutenir et à voter en faveur de la Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies pour un moratoire sur l’application de la peine de mort, prévue pour un vote en décembre 2026.
En cette Journée mondiale, l’Action mondiale des parlementaires appelle ses membres à soutenir le mouvement abolitionniste, en mettant en avant les expériences des personnes directement touchées par la peine de mort, en sensibilisant le public et en agissant en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort.



Le thème « Témoigner pour la vie » nous rappelle qu’il
est essentiel de garder à l’esprit que l’application de la peine de mort, ou la
menace persistante d’une exécution, affecte l’ensemble de notre société. Il ne
peut y avoir de justice véritablement significative si elle ne repose pas sur
le respect des droits humains et du principe de responsabilité. Tant que la
peine de mort demeure inscrite dans la loi, le risque de condamnations erronées
irréversibles et de violations des droits humains persistera. En tant que
parlementaires, il est de notre devoir de veiller à ce que les réalités vécues
par les personnes concernées par la peine de mort éclairent le débat public, et
d’œuvrer par des voies législatives à l’abolition de cette peine cruelle,
inhumaine et dégradante.
Hon. Heatha Miller, députée (Jamaïque), membre de PGA
Les témoignages des personnes directement concernées ont alimenté
le plaidoyer des organisations de la société civile et ouvert la voie à des
avancées. Au Pakistan, cet engagement nous a conduit·e·s, nous parlementaires, à engager
mon pays sur la voie d’une réduction du champ d’application de la peine de
mort, notamment en supprimant la peine capitale pour les infractions liées à la
drogue en 2023. Cette réforme répond à une préoccupation persistante, car de
nombreux États continuent d’imposer la peine de mort pour ces crimes au nom de
la « guerre contre la drogue », malgré l’interdiction stricte de
cette pratique en droit international. Il reste encore beaucoup à faire,
notamment en sensibilisant le système judiciaire et en mettant en œuvre des
réformes, mais je reste déterminé dans mon engagement à écouter et amplifier
les voix des personnes directement touchées et à défendre les droits
humains.
Hon. Danyal Chaudhry, avocat
et député (Pakistan), membre de PGA
Consciente des réalités en République démocratique du Congo, j’ai
décidé de mener une enquête, en collaboration avec le réseau de
parlementaires pour l’abolition de la peine de mort, afin de mettre en lumière
les conditions de détention des personnes condamnées à mort dans les
établissements pénitentiaires du pays. Réaliser une telle
enquête et s'entretenir avec les personnes condamnées à mort permet de mettre
en évidence les violations de leurs droits humains et de leur dignité – des violations
qui vont à l’encontre des principes mêmes de la justice. La situation actuelle
ne favorise pas la mise en œuvre du principe de responsabilité dans mon pays.
Il est nécessaire d’améliorer le système pénitentiaire et l’abolition de la
peine de mort s’inscrit dans ce processus.
Hon. Christelle Vuanga, députée (République démocratique du Congo),
membre du Comité exécutif de PGA et coordonnatrice du Programme droit
international et droits humains