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Nous appelons les parlementaires à agir à l’occasion de cette Journée mondiale contre la peine de mort 2025

Chaque année, le 10 octobre, le mouvement abolitionniste mondial se réunit pour célébrer la Journée mondiale contre la peine de mort. En 2024 et 2025, l’accent a été mis sur la nécessité de déconstruire l’idée fausse selon laquelle la peine de mort garantirait la sécurité, avec pour message : « La peine de mort ne protège personne : abolissons-la maintenant ».

L’une des principales responsabilités gouvernementales de tout pays est d’assurer la sécurité de ses citoyen.ne.s. Vivre dans une société sûre et sécurisée ne signifie pas seulement vivre dans une communauté exempte de conflits. Cela nécessite également de créer les conditions propices à la paix, de garantir la mise en œuvre du principe de responsabilité et de protéger les individus contre les menaces et les violations de leurs libertés et droits fondamentaux. La peine de mort n’a pas sa place dans ces sociétés.

Nous vivons une période difficile, marquée par l’escalade des crises mondiales et l’érosion de l’ordre international fondé sur des règles. Mais aussi complexe que soit le contexte actuel, personne ne devrait justifier les exécutions comme un moyen de renforcer la sécurité. La peine de mort ne protège personne, et prétendre le contraire est à la fois faux et dangereux. Le recours à la peine capitale perpétue les cycles de violence et cible de manière disproportionnée les communautés marginalisées et vulnérables. Il s’agit d’une peine inefficace et irréversible, équivalente à de la torture et à d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants.

Une année contrastée pour les abolitionnistes

Le thème bisannuel de la Journée mondiale contre la peine de mort s’est concentré sur le lien entre la peine de mort et la sécurité, remettant en question le discours fallacieux selon lequel les exécutions garantiraient la sécurité. Il met en évidence les progrès réalisés par les défenseur.e.s de l’abolition : moins de pays procèdent à des exécutions et les pays maintenant la peine de mort sont de plus en plus isolés. Aujourd’hui, 113 pays ont aboli la peine de mort dans leurs législations et 29 pays observent un moratoire sur les exécutions. Cela signifie que 77 % des pays du monde ne procèdent plus à des exécutions.

Pourtant, une forte augmentation du nombre d’exécutions peut être constatée, avec au moins 1 518 personnes exécutées en 2024 dans seulement 15 pays. Selon Amnesty International, c’est la deuxième année consécutive que le nombre d’exécutions atteint son niveau le plus élevé depuis 2015. Cette tendance alarmante s’est poursuivie en 2025, avec plus de 1 000 exécutions déjà enregistrées rien qu’en Iran, soit le chiffre le plus élevé depuis plus de trois décennies, selon l’ONG Iran Human Rights (disponible en anglais).

Bon nombre de ces exécutions enregistrées sont effectuées sous prétexte de maintenir l’ordre public (malgré des preuves évidentes que la peine de mort ne dissuade pas les crimes). Souvent, elles violent également le droit international, car elles ne répondent pas au critère des « crimes les plus graves » (définis comme des crimes d’une extrême gravité impliquant un homicide intentionnel). Par exemple, en 2024, 43 % des exécutions enregistrées concernaient des infractions liées à la drogue (ressource disponible en anglais), qui ne correspondent pas à ce critère.

Même s’il existe un consensus croissant pour mettre fin à la peine de mort, il est essentiel de poursuivre les efforts pour éviter tout recul et promouvoir l’abolition universelle. La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour lutter contre les discours punitifs et réaffirmer une approche de la justice et de la sécurité fondée sur les droits humains.

Une dangereuse résurgence : la sécurité comme prétexte aux exécutions

Dans plusieurs pays, des dirigeant.e.s politiques ont recours à des discours assimilant sécurité et punition, appelant au renforcement, voire à la réintroduction de la peine capitale. Certains développements très récents sont particulièrement préoccupants :

  • États-Unis : une proclamation présidentielle (disponible en anglais) réintroduit la peine de mort à Washington D.C. afin de « dissuader et punir les crimes les plus odieux ».
  • Kirghizistan: le président a ordonné la rédaction d'un projet de loi (article disponible en anglais) visant à rétablir la peine de mort pour les crimes graves commis contre les enfants et les femmes, malgré son abolition en 2007 et l’engagement pris par le pays, en vertu du deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.
  • Tchad : une nouvelle commission a été créée pour envisager le rétablissement de la peine de mort, quatre ans seulement après l’abolition de celle-ci dans le pays.
  • Israël : un projet de loi autorisant la peine de mort pour les crimes « terroristes » a été adopté en première lecture.

Invoquer la « sécurité » pour justifier les exécutions est un argument politique courant. Néanmoins, la sécurité passe par la lutte contre les causes profondes de la violence, la bonne gestion des secteurs de la sécurité et de la justice, et la promotion du principe de responsabilité. Le recours à la peine de mort ne fait qu’aggraver les divisions sociales, renforcer les injustices et remplacer la justice par la vengeance.

Hon. Émilie Béatrice Epaye Même dans les contextes les plus difficiles d’insécurité et de conflit, nous avons choisi la voie de l’abolition – preuve qu’une volonté politique forte peut ouvrir la voie aux changements positifs. Nous savons que les exécutions n’apportent ni paix, ni justice. Seules la vérité, la mise en œuvre du principe de responsabilité et les réparations le peuvent. Abolir la peine de mort, c’est investir dans les droits humains. J’appelle mes collègues parlementaires, partout dans le monde, à œuvrer ensemble afin que la peine de mort devienne définitivement un vestige du passé. Hon. Émilie Béatrice Epaye, députée (République centrafricaine), membre de l’Action mondiale des parlementaires

Les parlementaires en première ligne pour l’abolition

Les parlementaires, qu’ils ou elles occupent des fonctions dans des pays abolitionnistes, abolitionnistes dans la pratique ou rétentionnistes, ont un rôle crucial à jouer dans la promotion de l’abolition universelle de la peine de mort et dans la lutte contre les discours cherchant à la justifier. Les législateur.ice.s ont le pouvoir de modifier, de rédiger et d’adopter des lois restreignant le champ d’application de la peine de mort et conduisant à son abolition définitive.

Pour soutenir ces efforts, l’Action mondiale des parlementaires et la Coalition mondiale contre la peine de mort ont publié une fiche d'information à l'occasion de la Journée mondiale : « La peine de mort ne protège personne ». Cette publication décrit comment les gouvernements ont utilisé la « sécurité » comme un outil politique pour justifier les exécutions et fournit aux parlementaires des arguments clairs et des mesures pratiques pour contrer ces discours fallacieux et mener des actions en faveur de l’abolition universelle.

Alors que les discours punitifs regagnent du terrain dans de nombreuses régions du monde, ce travail n’a jamais été aussi urgent. Les exécutions ne dissuadent pas la criminalité et ne favorisent pas la sécurité : elles perpétuent la peur et les inégalités.

Les parlementaires, quelle que soit la position actuelle de leur pays sur la peine de mort, peuvent prendre des mesures concrètes pour promouvoir l’abolition universelle :

  • Soutenir ou lancer des initiatives législatives visant à restreindre et, à terme, abolir la peine capitale.
  • Collaborer avec des parlementaires partageant les mêmes idées, tous partis confondus, afin d’identifier des stratégies législatives en faveur de l’abolition universelle.
  • Promouvoir la ratification ou l’adhésion universelle aux instruments régionaux ou internationaux pertinents, tels que le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.
  • Contester les discours en faveur de la peine de mort, notamment en s’engageant publiquement à ne pas en demander l’application, même dans des contextes d’insécurité, et en promouvant des systèmes et des politiques de responsabilisation plus solides qui s’attaquent aux causes profondes de la violence.
  • Promouvoir le dialogue sur la justice, la sécurité et les droits humains, et dialoguer avec les citoyens, les associations de victimes, les organisations de la société civile et les autres parties prenantes concernées.

En cette Journée mondiale, PGA appelle ses membres à se joindre au mouvement abolitionniste et à réaffirmer un message clair : la peine de mort ne protège personne, abolissons-la dès maintenant.

Publication

Fiche d’information : la peine de mort ne protège personne
Fiche d’information : la peine de mort ne protège personne

Fiche d’information : la peine de mort ne protège personne

En l’honneur de la Journée mondiale contre la peine de mort 2025

Description

Des décennies d’études ont démontré qu’il n'existe aucun lien entre la sévérité des sanctions pénales et la réduction de la violence : la peine capitale n’a pas d’effet dissuasif sur les crimes. Pourtant, l’accélération des préoccupations sécuritaires a conduit à une résurgence du discours public appelant au renforcement, voire à la réintroduction de la peine de mort.

Cette fiche d’information, préparée pour la Journée mondiale contre la peine de mort, détaille la notion de sécurité et rappelle qu’elle doit toujours être alignée sur le droit international des droits humains et les meilleures pratiques. Elle illustre comment les gouvernements ont utilisé la « sécurité » comme un outil politique pour justifier les exécutions, et fournit aux parlementaires des arguments clairs pour contrer ces faux discours. Elle présente également des actions concrètes adaptées aux parlementaires des pays abolitionnistes, abolitionnistes dans la pratique ou rétentionnistes, afin de les aider dans leurs efforts en faveur de l'abolition universelle.

La Journée mondiale contre la peine de mort 2024/2025, célébrée chaque année le 10 octobre, souligne la vérité selon laquelle « la peine de mort ne protège personne » et renforce la raison pour laquelle les parlementaires du monde entier — qu'ils proviennent de pays abolitionnistes ou rétentionnistes — ont la responsabilité cruciale de plaider en faveur d’approches de la justice qui protègent véritablement les individus.

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Additional Details

  • Type de publication: Factsheet
  • Date de publication: October 2025
  • Auteur.e.s: Parliamentarians for Global Action; World Coalition Against the Death Penalty

find more about the 23rd World Day Against the Death Penalty and tools developed by the World Coalition Against the Death Penalty
En savoir plus sur la 23e Journée mondiale contre la peine de mort et les outils développés par la Coalition mondiale contre la peine de mort

Le secrétariat de PGA se tient à votre disposition pour vous aider dans ces actions ou d’autres. Pour obtenir une assistance technique et de plus amples informations sur la campagne pour l'abolition de la peine de mort, veuillez contacter :

Mme Frederika Schweighoferova
Directrice,
Programme droit international et droits humains
E: 

Mme Olivia Houssais
Chargée de programme senior,
Programme droit international et droits humains
E: 

Mme Catherine Brozena
Consultante en communications,
E:

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Photo by Reprieve

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Photo Courtesy Parliament of Malawi

Today, 28 out of the 55 African Union Member States have abolished the death penalty in law, while 14 States maintain a moratorium on executions.