La hausse alarmante des exécutions en 2025 (déclaration disponible en anglais), particulièrement celles liées aux crimes liés aux drogues (qui ont augmenté de 97 % par rapport à 2024 selon le dernier rapport de Harm Reduction International – disponible en anglais), a projeté une ombre sur le premier trimestre 2026. L’attention de la communauté internationale s’est particulièrement portée sur la situation en Iran, où des manifestations pacifiques débutées en décembre 2025 ont été réprimées brutalement, entraînant des violations des droits humains (déclaration disponible en anglais) et, selon les rapports, des milliers de décès, ainsi que des arrestations massives laissant des centaines de personnes sous le risque d’exécution (publication disponible en anglais).
La nécessité de répondre à cette tendance violente a été au cœur de l’atelier parlementaire organisé par l’Action mondiale des parlementaires à Mexico le 25 mars. Dans ce contexte difficile, le rôle des parlementaires est plus crucial que jamais. Au cours des discussions, les parlementaires ont entendu des témoignages poignants d’une avocate de la défense et de représentant·e·s du mouvement abolitionniste, incluant des expert·e·s sur l’impact différencié de la peine de mort et des conditions carcérales selon le genre. Concrètement, des parlementaires de Gambie et de Jamaïque se sont engagé·e·s à prendre des mesures, ouvrant la voie à un changement accompagné d’un engagement politique soutenu.
L’urgence de ces engagements pris par des parlementaires est soulignée par des initiatives législatives radicales ailleurs dans le monde. Fin mars, la Knesset israélienne a adopté une loi rétablissant la peine de mort pour les Palestinien·ne·s, une mesure condamnée par l’ONU (déclaration disponible en anglais), la communauté internationale (déclaration disponible en anglais) et la société civile comme une violation du droit international. Parallèlement, le gouvernement des Maldives a proposé un projet de loi visant à mettre fin de facto à son moratoire vieux de six décennies. Face à la montée de ces mesures régressives, les parlementaires doivent traduire leurs engagements en actions législatives concrètes.
Le lien entre genre et peine de mort a été soulevé lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) grâce à des organisations de la société civile. La délégation de la Coalition mondiale contre la peine de mort a plaidé pour les objectifs de la cause abolitionniste, amplifié les voix des femmes condamnées à mort et proposé des solutions. Les conclusions de la CSW70 ont inclus, pour la première fois, des références aux femmes en conflit avec la loi, soulignant la nécessité de « répondre aux besoins et circonstances spécifiques de toutes les femmes et filles faisant l’objet d’arrestation, de détention, de poursuites, de procès et de condamnation, y compris les peines pénales irréversibles ».
Développements positifs :
États-Unis :
o La sénatrice de l’État d’Oklahoma, Nikki Nice, mène campagne pour un projet de loi rétablissant un moratoire dans l’État jusqu’en juin 2028. L’Oklahoma a repris les exécutions en 2021, après un moratoire de six ans.
o La Chambre des représentant·e·s du New Hampshire a rejeté un projet de loi visant à rétablir la peine de mort, ainsi que d’autres projets qui auraient élargi son application. L’État a aboli la peine capitale en 2019, mais une personne demeure dans le couloir de la mort.
Malaisie :
o De nouvelles données parlementaires indiquent que 976 personnes, dont 889 hommes et 87 femmes, ont été libérées au 30 septembre 2025. Cela fait suite au processus de révision des peines en Malaisie lié à l’abolition de la peine de mort obligatoire en novembre 2023.
Développements négatifs :
Iran :
o Des manifestations nationales dans le pays, débutées le 28 décembre 2025, ont entraîné de graves violations des droits humains, avec des milliers de personnes tuées lors de la répression. Des centaines de manifestantes et manifestants risquent la peine capitale, dont des enfants.
o Depuis le début de l’année, au moins 184 hommes et 5 femmes ont été exécuté·e·s.
Israël :
o La Knesset a adopté une loi sur la peine de mort ciblant les Palestinien·ne·s vivant sous occupation. La loi autorise les tribunaux militaires à imposer des peines de mort obligatoires pour des meurtres délibérés dans le cadre d’actes définis comme terroristes, et refuse toute grâce. Des expert·e·s et des organisations de la société civile soulignent son incompatibilité flagrante avec le droit international et appellent à son abrogation immédiate.
Maldives :
o Le gouvernement prévoit d’introduire un projet de loi mettant fin au moratoire de longue date sur la peine de mort aux Maldives.
États-Unis :
o La Cour suprême de Floride a confirmé une loi permettant des verdicts de peine de mort non unanimes. La Floride, avec l’Alabama, est l’un des deux seuls États à autoriser des verdicts de peine de mort non unanimes.
o L’Alabama a approuvé un projet de loi élargissant le champ d’application de la peine de mort.
o Des projets de loi sont à l’étude pour rétablir la peine de mort au Wisconsin (où elle a été abolie en 1853) et en Virginie-Occidentale (qui l’a abolie en 1965).
o En Utah, un projet de loi vise à accélérer les procédures liées à la peine de mort.
o De Janvier à mars 2026, un total de 7 exécutions a été enregistré, incluant :
§ 4 exécutions en Floride ;
§ 2 exécutions au Texas ;
§ 1 exécution en Indiana ;
§ 1 exécution en Oklahoma.
Nouveaux rapports et ressources :
Coalition mondiale contre la peine de mort (WCADP)
o La WCADP a lancé une plateforme d’apprentissage en ligne conçue pour renforcer les connaissances, le plaidoyer et l’action mondiale en vue de mettre fin à la peine de mort.
Examen périodique universel – 51e session :
o Des États ont formulé des recommandations visant à abolir la peine de mort au Liban, aux Maldives, en Mauritanie, à Oman, à Sainte-Lucie et à Singapour. Des préoccupations ont également été exprimées au Tchad concernant le décret visant à rétablir la peine de mort.
Harm Reduction International :
o La peine de mort pour infractions liées aux drogues : aperçu mondial 2025 (rapport disponible en anglais). Le rapport montre qu’au moins 36 pays maintiennent toujours la peine de mort pour des infractions liées aux drogues, et que 1 212 personnes ont été exécutées pour de telles infractions (une augmentation de 97 % entre 2024 et 2025).
The Rights Practice, Institute for Criminal Justice Reform, The Square Circle Clinic, Justice Project Pakistan, Taiwan Alliance to End the Death Penalty, Transformative Justice Collective, Malaysian Centre for Constitutionalism and Human Rights, Centre for Prisoners Rights, Japan Federation of Bar Associations, and the Anti-Death Penalty Asia Network
o Lignes directrices de Kuala Lumpur – Lignes directrices régionales pour les avocates et avocats représentant des personnes confrontées à la peine de mort et à l’exécution en Asie.


